En bref : décembre 2020

Derniers conseils avant Noël !

De Paris à Kaboul, en passant par Copenhague, Beyrouth et Saïgon : les voyages sont encore possibles ! Les billets sont à retirer chez votre libraire le plus proche.


Le banquier de Daech de Pascal Canfin

Comme vous le savez, Pascal Canfin est député européen et ancien ministre délégué au Développement. Le banquier de Daech est son premier roman noir.

Thomas est journaliste et il reçoit un message l’incitant à enquêter sur le financement de Daech. L’auteur de ce message est un djihadiste français qui semble prêt à lui fournir tous les éléments nécessaires au succès de cette mission tout à fait spéciale, à laquelle aucun journaliste digne de ce nom ne peut résister ! Oui mais c’est dangereux, très très dangereux d’aller farfouiller dans les finances de Daech… De la City à Beyrouth, Thomas va suivre la trace de l’argent et découvrir qu’efficacité rime avec cynisme et gros gros ennuis pour celui qui se montre un peu trop curieux.

Convaincant et trépidant, un bon suspens noir qui laisse peu de place à la fiction, c’est bien ce qui est effrayant…

Le banquier de Daech de Pascal Canfin, Editions de L’Aube
Collection Aube noire, 216 pages, septembre 2020


La Mort d’une Sirène de Rydahl et Kazinski

Un thriller historique situé à Copenhague en 1834 ! Une jeune prostituée est assassinée dans le port danois et c’est Hans Christian Andersen qui est accusé de ce crime sordide ! Il obtient la permission spéciale d’aller enquêter lui-même pour livrer le vrai coupable aux autorités. Il plonge ainsi dans une ville corrompue, dont certains quartiers sont extrêmement pauvres et livrés à tous les crimes et tous les vices.

Un thriller à la fois étonnant et divertissant, très éloigné de la vision contemporaine d’une Norvège ripolinée, moderne et proprette… et impossible de lire les contes d’Andersen du même œil, désormais !

La Mort d’une Sirène de Rydahl et Kazinski, Editions Robert Laffont, collection La Bête Noire, traduit du danois par Catherine Renaud, 560 pages, octobre 2020


Lettres à Mina de Thuân, Editions Riveneuve

Thuân est traductrice ( elle a traduit en vietnamien Sartre et Houellebecq) et écrivaine. Elle a déjà une belle œuvre derrière elle, saluée par le prix de l’Union des écrivains du Vietnam en 2008 et la bourse de la création du Centre national du livre en France en 2013. Ses romans traduits en français sont disponibles chez Riveneuve : T. a disparu en 2012, L’Ascenseur de Saïgon en 2013, Paris 11 août en 2014. Un avril bien tranquille à Saïgon, publié en 2017 chez Riveneuve, a été censuré en 2015 au Vietnam.

Au travers de trente lettres destinée à une ancienne amie, Mina, qu’elle ne lui enverra probablement jamais – d’autant qu’elle ne sait pas avec certitude où elle se trouve -, une romancière d’origine vietnamienne, qui vit maintenant à Paris, retrace l’époque où elle habitait avec son amie afghane dans un logement étudiant en Russie soviétique. Elles ont partagé, à cette époque, une amitié d’autant plus forte qu’elles venaient chacune d’un pays à la très lourde, tortueuse et difficile histoire politique et sociale.

La Russie de Gorbatchev, le Vietnam socialiste, Kaboul et la Russie soviétique, la guerre et le sort des migrants, hier comme aujourd’hui…

En contrepoint aux lettres intimistes, drôles quand elles rappellent des souvenirs de leur jeunesse, émouvantes quand elles laissent entrevoir les tragédies vécues par les Vietnamiens et les Afghans, on croise Pema, qui attend son amoureux parti en mission à Kaboul en se consolant dans les bras d’un bel architecte italien mais lui envoie des lettres d’amour et de pluie, Madame Chiên et Monsieur Chat, ou bien encore des prostituées, cuisiniers, gens des rues, tous les personnages qui peuplent la mémoire de Th.. Elle raconte à l’absente, revit le passé, commente le présent, avec cet abandon affectueux qui caractérise l’amitié. Ponctué d’articles de journaux centrés sur les Afghans, ici et là-bas, le roman est un puzzle, un kaléidoscope qui, quand on trouve la bonne focale, forme le tableau très riche et émouvant de deux femmes que le vent de l’Histoire a balayées de ses drames et d’une écrivaine qui fabrique, presque à son insu, utilisant pudiquement la forme épistolaire plutôt que le journal intime, un roman où l’on devine que le réel le dispute à la fiction.

Lettres à Mina de Thuân, Editions Riveneuve
Traduit du vietnamien par Yves Bouillé, 268 pages, septembre 2020


La dernière affaire de Johnny Bourbon de Carlos Salem

On retrouve Txema Arregui, détective espagnol d’origine basque plutôt atypique, attristé de constater sans l’ombre d’une erreur possible qu’il est désormais cinquantenaire. Il accepte une affaire qui semble plutôt simple : un homme d’affaire corrompu – pléonasme, semble-t-il, hélas – s’est apparemment donné la mort, mais tout réside dans l’adverbe, comme toujours. Et, parce qu’une enquête ne suffit pas, qu’il n’y a plus de fourmis à compter dans son appartement désert depuis la mort de Claudia, et qu’il n’est pas question de refuser une affaire qu’une fille aux cheveux verts prénommée Dalia vous amène, il faut retrouver le chaton de la belle.

Cinquantenaire ou pas, Arregui conserve les mêmes méthodes un tantinet brutales parfois, décidément originales et ses apartés ironiques et énervés font partie du grand plaisir que l’on a à suivre les aventures dans lesquelles il entraîne évidemment Juan Carlos de Bourbon – Johnny Bourbon -, qui se meurt d’ennui quand il ne chasse pas, au choix, l’éléphant ou le criminel.

Des éléphants en Espagne, il y en a peu, mais des criminels, en revanche, il y en a plein !

Un polar en forme de pastiche qui rappelle les grands anciens du genre, drôle, acide, décapant et – mais oui – tendre aussi.

La dernière affaire de Johnny Bourbon de Carlos Salem
Editions Actes Sud Collection Actes Noirs
Traduit de l’espagnol par Judith Vernant, 224 pages, octobre 2020

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